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Centre français des Comportements Répétitifs Centrés sur le Corps (CRCC)

Prises en charges thérapeutiques, recherche, événements et communication sur les Comportements répétitifs Centrés sur le Corps (CRCC)

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CRCC est l’acronyme de « Comportements Répétitifs Centrés sur le Corps ». En anglais, aux Etats-Unis ou au Canada où ils sont plus connus, on les nomme BFRB’s (Body Focused Repetitive Behaviors). Ce terme générique regroupe les gestes répétitifs d’auto-toilettage (self-grooming) consistant à se tirer les cheveux, se gratter, se triturer ou se mordre la peau… au point de se causer des blessures. Les CRCC incluent : la trichotillomanie (s’arracher les cheveux), la dermatillomanie (gratter les croûtes, l’acnée ou toutes imperfections sur la peau), l’onycophagie (se ronger les ongles), le mordillement des lèvres et le mordillement de l’intérieur des joues.

Pour voir la page « Dermatillomanie » : cliquer ici

Classification

Dans le DSM-5 (2013), la classification internationale des pathologies psychiatriques et psychologiques, la trichotillomanie et la dermatillomanie sont désormais classés dans la catégorie des « Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC) et apparentés », dissociés des autres CRCC :

Ces troubles se caractérisent par des comportements répétitifs récurrents centrés sur le corps (p. ex. se ronger les ongles, se mordre les lèvres, se mordre la muqueuse des joues) et des tentatives répétées pour diminuer ou arrêter ces comportements. Ces symptômes entraînent une détresse cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants, et ne sont pas mieux expliqués par une trichotillomanie, (arrachage compulsif de ses propres cheveux), une dermatillomanie (triturante de la peau)*, des mouvements stéréotypés ou des lésions auto-infligées non suicidaires.

Description

Les personnes souffrant de CRCC ont observé que les comportements impulsifs avaient lieu pendant des périodes d’activités sédentaires. Ces activités incluent notamment : être au lit, écouter une présentation, conduire une voiture ou bien se faire conduire, parler au téléphone, être au cinéma, utiliser l’ordinateur, rester assis derrière son bureau de travail… Pour d’autres personnes, c’est au contraire lors de périodes d’activités physiques que les comportements se déclenchent (par exemple : marcher ou se maquiller).

Il arrive aussi qu’une personne agisse en toute conscience, par exemple en planifiant de rentrer chez elle pour s’arracher des cheveux ou gratter une région de son corps. Le comportement est alors obsessionnel et compulsif (car accompagné de pensées). A d’autres moments, la même personne peut se retrouver en train de faire des gestes dans un état de semi-conscience (ou  » état hypnotique « ), ne réalisant ce qu’elle a fait que lorsqu’elle découvre une pile de cheveux, son visage boursouflé, des égratignures sur sa peau, des plaies ouvertes ou des doigts ensanglantés.

La recherche des imperfections fait partie intégrante du processus, comme frotter les doigts sur la peau, dans les cheveux, sur les sourcils, etc., à la recherche d’une irrégularité sur laquelle ils pourront se concentrer. Ils procéderont ensuite à une séance de tirage ou de grattage, et certains examineront ensuite attentivement ce qu’ils ont retiré : ils le frotteront sur leur peau, leur visage ou leurs lèvres, le sentiront, le mâcheront, l’avaleront, ou bien le feront rouler entre leurs doigts.

Certains ressentent sur la peau une sensation qui attire les doigts vers l’endroit qui sera gratté ou épilé.  Ces sensations peuvent être comparées à des démangeaisons, des picotements ou des douleurs. D’autres personnes ne ressentent rien avant de commencer à se gratter ou à s’arracher des cheveux : les doigts trouvent tout simplement un chemin vers le site, et le comportement est déclenché. Ces personnes recherchent une irrégularité spécifique dans les cheveux (plus épais, plus irrégulier…) ou sur la peau (rugueuse, irrégulière, bosselée…) et essayeront de faire disparaître l’irrégularité – imparfaite – qui les dérange.

La dermatillomanie

La dermatillomanie est un TOC du triturage de la peau (DSM-5). C’est un trouble caractérisé par la vérification, le triturage et/ou le grattage répété et excessif de la peau induisant des lésions des tissus. La personne affectée est généralement atteinte d’une acné légère, mais à cause de ses tendances anxieuses, elle la considère comme plus grave qu’elle ne l’est réellement. Cela se traduit par un grattage répété et incontrôlé de la peau, d’une et/ou plusieurs zones du corps. Les comportements s’accompagnent d’un sentiment de plaisir ou de soulagement au moment de l’impulsion, précédé d’un sentiment croissant de tension, d’anxiété ou de stress. Ces impulsions de grattage (gratter les irrégularités de la peau) ou de triturage (percer la peau pour faire sortir les imperfections) sont des séries de gestes reconnus comme irrationnels par la personne, qui peuvent être répétés de façon ritualisée, non contrôlée et envahissante. Ce trouble peut entraîner des conséquences néfastes pour la vie quotidienne et devenir handicapant dans la vie personnelle, sociale, professionnelle ou scolaire (retards en classe ou au travail, perturbation des activités sociales, évitements de certaines sorties, incapacité d’aller à la piscine, gêne dans la vie intime et sexuelle…).

La trichotillomanie

La trichotillomanie, ou trichomanie, est un trouble caractérisé par l’arrachage compulsif de ses propres poils et/ou cheveux, cil et/ou sourcils, entraînant une alopécie manifeste sur la partie du corps touchée. D’abord classée dans « Trouble du Contrôle des Impulsions » dans le DSM-IV, elle est finalement classée dans « TOC et apparentés » dans le DSM-5, avec la dermatillomanie et les autres CRCC. L‘épidémiologie de la trichotillomanie est extrêmement complexe à estimer. Ceci s’explique par le fait que peu de trichotillomanes consultent spécifiquement pour ce trouble, et beaucoup d’entre eux ont plutôt tendance à consulter les dermatologues que les psychiatres. La majorité des trichotillomanes commencent à tirer pendant l’enfance ou l’adolescence mais d’autres peuvent commencer à tout âge. Les personnes affectées s’arrachent cheveux ou poils de façon compulsive, soit pour soulager une tension, une angoisse, soit par automatisme, « sans trop y penser ». La cause de cette « manie » est mal comprise. Il s’agit toutefois d’un trouble psychologique, caractérisé par une difficulté à contrôler ses impulsions, qui aurait également des origines génétiques et neurologiques. Si elle paraît anodine, cette affection peut avoir des conséquences importantes, tant esthétiques que psychologiques.

L’onychophagie

L’onychophagie est l’acte de se ronger les ongles, en général des mains, et parfois des pieds. Dans son expression instinctive et minimale, l’onychophagie correspond à l’utilité de régulariser l’extrémité des ongles qui ne cessent de pousser tout au long de la vie.  Chez certaines personnes, cette activité « hygiénique » devient exagérée, compulsive,non maîtrisable. Elle aboutit alors à la détérioration plus ou moins grave de l’extrémité des doigts ainsi que de l’éponychium. (cuticule de peau à la base de l’ongle). Il s’agit d’un acte répondant à une très forte anxiété,  pouvant être associé à d’autres CRCC : mordillement compulsif des lèvres, dermatillomanie ou trichotillomanie. L’onychophagie trouve généralement sa source dans la petite enfance. Les très jeunes enfants ont en effet tendance à utiliser les lèvres, aux tissus nerveux plus denses, pour toucher le monde qui les entoure. Cela s’exacerbe au moment de la poussée des dents avec les premières douleurs. Les doigts sont constamment et immédiatement à portée de la bouche et la pratique s’adopte presque naturellement. Ronger ses ongles peut sembler être une pratique anodine, toutefois, elle peut conduire à des effets très négatifs. Plus important encore, cette habitude peut dégénérer, parfois même jusqu’à des formes de mutilation.

Les trois principaux CRCC sont la dermatillomanie, la trichotillomanie et l’onychophagie. Mais il y a également d’autres CRCC, moins connus, qui sont également dans le spectre des Comportements Répétitifs Centrés sur le Corps :

Se mordre les lèvres

Appelé aussi « muqueuses buccales », la manie de se mordre les lèvres est plus discrète. Cette manie consiste à se pincer les lèvres avec les dents. Souvent banal, ce comportement amène toutefois certaines personnes à s’infliger elles-mêmes des blessures.

Se mordre l’intérieur des joues

Cette manie fait également partie des « muqueuses buccales », mais elle consiste à se mordiller l’intérieur de la bouche. Ce comportement peut être anodin, mais dans certains cas plus graves, le fait de se mordre l’intérieur des joues peut amener à des blessures douloureuses, faire saigner ou à des infections. Dans les cas sévères, les dents peuvent être déplacées en raison des doigts qui ont appuyé pendant des années sur les joues. Des traces ou marques sur les doigts peuvent également apparaître après un CRCC chronique, aux endroits d’appui et de contact contre les joues. Ces traces (apparence d’ombres) pouvant devenir des creux. Enfin, des cassures épidermiques peuvent apparaître sur les zones qui ont été plissé, pour amener la peau au plus près des dents. Les lèvres pouvant également devenir quelque peu atrophiées, à force d’appuyer les doigts sur les parties à mordre.

Causes

Pourquoi certaines personnes ont-elles des Comportement Répétitifs Centrés sur le Corps alors que d’autres n’en ont pas ?  Les recherches indiquent que certaines personnes héritent de prédispositions génétiques à se tirer les cheveux ou se gratter la peau. Des études ont montré qu’on retrouve un plus grand nombre de CRCC chez les membres de la famille immédiate de ceux qui ont la trichotillomanie ou la dermatillomanie, que dans la population générale.  Une étude comparative récente sur l’arrachage de cheveux chez les jumeaux identiques et les jumeaux fraternels a confirmé cette thèse de la très forte composante génétique de la trichotillomanie.  Sachant que les CCRC ont une origine génétique, les chercheurs étudient actuellement les gènes de personnes souffrant de CRCC, afin d’isoler le gène marqueur. Cela pourrait donner un éclairage sur l’origine des problèmes.

Même s’il existe une prédisposition génétique aux Comportements Répétitifs Centrés sur le Corps, il faut également tenir compte d’autres facteurs impliqués, notamment : la personnalité, l’environnement, l’âge auquel les comportements ont commencé et la dynamique familiale. Il est intéressant de noter qu’on retrouve des comportements similaires chez d’autres espèces animales. Les primates, comme les grands gorilles ou certains types de singes par exemple, vont s’arracher les poils, se toiletter, se gratter pour enlever les puces et autres insectes ou se livrer aux mêmes activités dans la fourrure de  leurs congénères. On trouve des oiseaux qui s’arrachent les plumes, des souris qui s’arrachent les moustaches, les poils, ou de ceux de leurs compagnons de cage.  Des chiens et des chats peuvent se lécher ou se mordre la peau de manière à dégarnir certaines régions de tous poils.  Les chercheurs s’intéressent aux animaux qui présentent des Comportements Répétitifs Centrés sur le Corps afin de comprendre les aspects neurobiologiques complexes qui sous-tendent leur existence.

Certains professionnels ont émis l’hypothèse que la dermatillomanie est une forme de TOC (Trouble Obsessif-Compulsif). Depuis une quinzaine d’années, ce classement est tombé en défaveur. Bien que les individus atteints de Comportement Répétitifs Centrés sur le Corps présentent des comportements répétitifs, apparemment compulsifs, de nombreuses différences entre ces deux problèmes indiquent qu’il s’agit de deux troubles distincts.

Avant que la communauté scientifique ne se penche sur les Comportements Répétitifs Centrés sur le Corps, les professionnels prenaient généralement pour acquis que la dermatillomanie révélait la présence d’un autre problème plus « profond », ou encore qu’ils étaient les symptômes d’un traumatisme vécu au cours de la petite enfance. Les connaissances actuelles indiquent toutefois que ces comportements ne sont pas uniquement la manifestation de troubles plus importants ou de traumatismes non-résolus. Qui plus est, les CRCC doivent être dissociés des problèmes d’auto-mutilation ou des troubles reliés à la nourriture.  Il n’est cependant pas rare pour des gens souffrant de CRCC de ressentir également de l’angoisse, d’être déprimés ou d’avoir des troubles alimentaires, ce qui ajoute à la difficulté de gérer les CRCC.

Conséquences

La gravité de ces comportements varie d’une personne à l’autre. Arracher ses cheveux peut provoquer la création de petites surfaces clairsemées sur la tête, l’apparition de régions dégarnies, ou encore une calvitie très étendue difficilement dissimulable. Les personnes qui se grattent la peau développent des croûtes ou des blessures qui ne guérissent pas en raison du grattage répété. Il arrive parfois que la peau s’infecte ou forme des cicatrices, rendant le grattage apparent, ce qui peut attiser les sentiments de honte chez la personne ainsi affectée.

Le fait de s’arracher les cheveux ou de se gratter la peau peut sembler des problèmes anodins, mais lorsque ces gestes en apparence inoffensifs sont posés de manière excessive, ils peuvent provoquer de sérieux problèmes médicaux.  Ceux qui avalent les cheveux arrachés encourent des malaises gastro-intestinaux, voire même des blocages digestifs, résultant de la formation d’un trichobézoard (boule de poils) qui doit être retiré par voie chirurgicale. En ce qui concerne le grattage de la peau, il est important de garder les plaies propres et de les soigner avec une crème à base d’antibiotiques afin d’empêcher qu’elles s’infectent. Parfois, c’est la répétition même du geste qui provoquera des blessures.

En plus de ces problèmes physiques et médicaux, plusieurs des personnes présentant des CRCC éprouvent des sentiments de honte et de solitude, elles cachent leur secret et se sentent limitées dans leurs relations intimes, se privant d’exercer certaines activités. Elles se sentent dérangées dans leur fonctionnement personnel, social, professionnel ou limitées dans d’autres champs d’intérêts.

En résumé... les CRCC, qu'est-ce que c'est ?

Les CRCC sont des « Comportements Répétitifs Centrés sur le Corps ». En anglais on les nomme BFRB’s (Body Focused Repetitive Behaviors). Comportement Répétitif Centré sur le Corps (CRCC) est un terme générique désignant les comportements de trouble du contrôle des impulsions impliquant une détérioration compulsive de l’apparence physique ou une blessure physique. Ce sont des gestes répétitifs d’auto-toilettage (self-grooming) consistant à se tirer les cheveux, se gratter, se triturer ou se mordre la peau au point de se causer des blessures. Les personnes atteintes de CRCC font des tentatives répétées pour diminuer ou arrêter ces comportements. Les CRCC cliniquement significatifs sont associés à la détresse, la déficience, à des dommages physiques et à la difficulté à contrôler le comportement.

Prévalence

Les CRCC concernent entre 2% et 5% de la population générale. En France par exemple, ils affecteraient donc environ entre 1 et 3 millions de personnes, adultes et enfants.

Qui est concerné par les CRCC ?

La plupart des CRCC arrivent à la puberté ou à l’adolescence, et peuvent continuer à l’âge adulte. Dans l’enfance, les filles peuvent être autant touchées que les garçons, mais à l’âge adulte, les femmes semblent davantage concernées.

Les CRCC : conscients ou inconscients ?

Les CRCC ont souvent lieu lors de périodes d’activités sédentaires (quand le corps ne bouge pas ou peu). Ces activités incluent notamment : être au lit, lire ou écouter une présentation, conduire une voiture ou bien se faire conduire, être au téléphone, utiliser l’ordinateur, rester assis derrière son bureau au travail… Pour d’autres personnes, c’est au contraire lors de périodes d’activités physiques que les comportements se déclenchent (par exemple : marcher ou se maquiller). Il arrive aussi qu’une personne agisse en toute conscience, par exemple en planifiant de rentrer chez elle pour s’arracher des cheveux ou gratter une région du corps. À d’autres moments, la même personne peut se retrouver en train de poser ces gestes dans un état de semi-conscience, ne réalisant ce qu’elle a fait que lorsqu’elle découvre une pile de cheveux, des égratignures sur sa peau, des plaies ouvertes ou des doigts ensanglantés. Certains ressentent sur la peau une sensation qui attire les doigts vers l’endroit qui sera gratté ou épilé. Ces sensations peuvent être comparées à des démangeaisons, des picotements ou des douleurs. D’autres personnes ne ressentent rien avant de commencer à se gratter ou à s’arracher des cheveux : les doigts trouvent tout simplement un chemin vers le site et le comportement est déclenché. Certaines personnes expliquent qu’elles recherchent une irrégularité spécifique dans les cheveux (plus épais, plus irrégulier, blanc…) ou sur la peau (rugueuse, irrégulière, bosselée…) et essayeront de faire disparaître l’irrégularité qui les dérange. Pour d’autres, la recherche de ces irrégularités fait partie intégrante du processus, comme frotter les doigts sur la peau, dans les cheveux, sur les sourcils, etc., à la recherche d’une irrégularité sur laquelle elles pourront se concentrer. Elles procéderont ensuite à une séance de tirage ou de grattage et examineront ensuite attentivement ce qu’elles ont retiré : elles le frotteront sur leur peau, leur visage ou leurs lèvres, le sentiront, le mâcheront ou l’avaleront, ou bien le feront rouler entre leurs doigts.

Les CRCC peuvent-ils être graves ?

La gravité des CRCC varie grandement d’une personne à l’autre. Arracher ses cheveux peut provoquer la création de petites surfaces clairsemées sur la tête, ou bien l’apparition de régions dégarnies, ou encore une calvitie très étendue difficilement dissimulable. Les personnes qui se grattent la peau développent des croûtes ou des blessures qui ne guérissent pas en raison du grattage répété. Il arrive parfois que la peau s’infecte ou forme des cicatrices, rendant le grattage apparent, ce qui peut attiser les sentiments de honte chez la personne ainsi affectée. Le fait de s’arracher les cheveux ou de se gratter la peau peuvent sembler des problèmes anodins, mais lorsque ces gestes en apparence inoffensif sont posés de manière excessives, ils peuvent provoquer de sérieux problèmes médicaux. Ceux qui avalent les cheveux arrachés encourent des malaises gastro-intestinaux, voire même des blocages digestifs résultant de la formation d’un trichobézoard (boule de poils) qui doit être retiré par voie chirurgicale. Il est donc extrêmement important de consulter un médecin si un membre de votre entourage mange ses cheveux. En ce qui concerne le grattage de la peau, il est important de consulter un dermatologue afin d’avoir un traitement pour garder les plaies propres et les soigner avec une crème à base d’antibiotiques, afin d’empêcher qu’elles s’infectent. Parfois, c’est la répétition même du geste qui provoquera des blessures. En plus de problèmes dermatologiques et médicaux, les personnes qui présentent des CRCC peuvent avoir de sévères conséquences sociales et psychologiques, elles éprouvent des sentiments de honte et de solitude, elles cachent leur secret comportemental et se sentent limitées dans leurs relations intimes, se privant d’exercer certaines activités et se sentant perturbées dans leur fonctionnement social, professionnel ou limités dans d’autres champs d’intérêt.

Mon médecin n'a jamais entendu parler des CRCC, que puis-je faire ?

De nombreux médecins, psychiatres et psychologues ne connaissent pas les CRCC, ainsi que leurs traitements appropriés. Mais certains connaissent les Comportements Répétitifs Centrés sur le Corps et sont familiers avec leur prise en charge, la connaissance des CRCC se développe. Si vous êtes surs qu’aucun professionnel ne connaisse les CRCC dans votre région, soyez surs d’aller à votre rendez-vous préparé, avec des brochures et des documents. C’est l’occasion d’en parler à votre professionnel de santé (médecin généraliste, psychologue, psychiatre, dermatologue, infirmier…) et de le sensibiliser à ces comportements qui touchent de nombreuses personnes.

Pourquoi les CRCC ne sont-ils toujours pas reconnus en France ?

Les CRCC concerneraient environ 1 personne sur 50 selon le TLC Foundation (Etats-Unis), pourtant personne n’en parle. Pourquoi ? Nous ne savons pas vraiment les causes. L’hypothèse principale est que les CRCC induisent beaucoup de honte et donc du repli et de l’isolement. Les familles, partenaires et entourages ne sont souvent pas au courant des gestes répétitifs d’auto-toilettage de la personne concernée, qui se cache, évite, se camoufle. Si on lui fait remarquer les marques, blessures ou cicatrices, la personne trouve toujours une excuse ou une raison élaborée et réfléchit au préalable pour justifier les blessures. Les perruques, le maquillage, se cacher les mains dans ses manches ou bien les évitements de soirées, travailler de chez soi ou éviter les rendez-vous médicaux pour ne pas découvrir son corps… autant de stratégies de camouflage et d’évitements utilisées au quotidien, jour après jour, souvent depuis des années, pour cacher la honte de ne pouvoir contrôler ses propres doigts et ses propres mains, celles qui blessent… la peau et l’esprit.

Association

L’AFCRCC, à l’origine « Alliance Francophone des Comportements Répétitifs Centrés sur le Corps », a été fondé en Septembre 2018 par la psychologue clinicienne Alexandra Lecart, ancienne fondatrice de Dermatillomanie France et fondatrice du Centre de Thérapies Intégratives et Nouvelles Technologies. En Juin 2019, l’AFCRCC devient une association, régie par la loi 1901 : Association des Comportements Répétitifs Centrés sur le Corps.

L’AFCRCC est située 8 rue Blanche 75009 Paris, ses locaux sont au coeur de notre Centre de Thérapies Intégratives et Nouvelles Technologies.