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Hikikomori

Pour une prise en charge thérapeutique intégrative des jeunes coupés du monde et des autres

Description

“Hikikomori” signifie “se retirer, se retrancher à l’intérieur de soi-même”. La définition officielle du gouvernement nippon est la suivante : un hikikomori est une personne ne s’étant pas rendue à l’école ou au travail pendant au moins six mois et n’ayant eu pendant cette période aucune réelle interaction sociale en dehors du cercle familial.

Les hikikomoris vivent reclus, s’isolent progressivement des études, des amis, du travail, de la perspective d’entrer dans la vie d’adulte et de la société dans sa globalité… Une société à laquelle ils refusent de participer, qui n’a pas de sens pour eux.

La description est celle d’adolescents et jeunes adultes âgés de 14 à 25 ans (l’âge est parfois étendu). La durée de l’enfermement peut atteindre plusieurs années. Les hikikomori passent la majeure partie de leur temps enfermés dans leur chambre, évitant les contacts au-delà du cercle de la famille proche. Lorsqu’il y a une vie sociale, elle se développe au travers d’internet et des jeux vidéo. Certains développent des troubles alimentaires, inversent le jour et la nuit du point de vue du sommeil.

On a longtemps cru que cette forme d’isolement était une spécificité japonaise. Victimes d’un esprit de compétition effréné pendant leurs études et d’une grande dureté dans le monde du travail, certains jeunes Japonais préféreraient se cloîtrer chez eux, se replier dans un monde virtuel, saturé de jeux vidéo. Mais, les cas de hikikomori ne se limitent plus à l’archipel nippon. D’autres pays sont touchés, dont la France où le phénomène n’est pas clairement comptabilisé à la différence du Japon où on estime qu’environ 1% des personnes entre 20 et 49 ans est concerné. En France, ils seraient plusieurs dizaines de milliers d’adolescents et de jeunes adultes à vivre reclus dans leur chambre pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. [source : Le Figaro]

“Hikikomori” n’est pas une maladie à proprement parler…

Il est plutôt question de phénomène hikikomori, de symptômes, de conduites qui se situent au carrefour du psychologique, du social et du comportemental. Un trouble multi factoriel dont l’origine peut être complexe : harcèlement à l’école, humiliation, vexations, complexes, événement familial douloureux, manque d’estime de soi, de confiance en soi, angoisse de l’école, etc. L’enfermement, l’isolement qui est d’abord perçu comme une protection, est une bulle qui devient progressivement une grande souffrance, y compris pour la famille.

Les hikikomori choisissent-ils cet enfermement ? La psychiatre Marie-Jeanne Guedj observe : « Au début, ils répondent que c’est subi et puis ils finissent par dire que c’est un choix. Ils trouvent une forme d’explication en dénigrant la société. Ils parlent souvent d’une société frappée par le chômage, confrontée à des problèmes écologiques et se disent qu’ils sont mieux dans leur chambre qu’à l’extérieur ».

Cet isolement pourrait être une conséquence de l’allongement du temps de l’adolescence et de la difficulté d’entrer dans l’âge adulte. Le poids qui pèse sur la personne pour assumer ses échecs et ses réussites joue aussi un rôle très important.

La prise en charge thérapeutique

L’origine des conduites du hikikomori étant multi factorielles, la prise en charge est systématiquement adaptée à la personne, au degré de sévérité du syndrome et aux troubles dont elle souffre.

Une première approche est bien entendu médicale, de manière à tenter de poser un diagnostic, confirmer ou éliminer certaines pathologies, y compris psychiatriques. L’assistance et la consultation psychologique ou psychiatrique sont également indispensables pour aider le jeune à retrouver une forme de stabilité et de confiance. Des expériences montrent que le fait de placer le jeune dans un environnement où d’autres personnes vivent ou ont vécu la même chose que lui et sont en voie de guérison peut être très aidant.

Au-delà de la prise en charge thérapeutique du hikikomori lui-même, la famille a aussi un grand besoin de soutien face à une conduite et une souffrance qui la laisse désemparée. Certains parents se sentent coupables, honteux, incompris ; ils en viennent progressivement à s’isoler et à cacher ce qu’ils vivent. Certains traitements thérapeutiques inclus des thérapies familiales à domicile.